Alice Bousin s'adresse alors gravement à sa famille.
Les flashs colorés des vêtements dépareillés surmontés de ses cheveux incendiaires surprennent toujours quand elle se donne la peine de se lever tout en marchant alentour d'eux. Quelque chose voile son regard, intangible comme comme les ombres de tous les shamans poètes qui prennent alors place dans l'invisible de la cuisine-salle à manger.
"Voilà que les prohètes du proto parlent par moi et nous livrent, ainsi qu'à tous ceux qui veulent bien l'entendre, la deuxième rêgle de la voie de l'indestructible sociopathe.
Il en sera ainsi :
Vivez toujours comme vous pensez et pensez toujours de la même façon que vous vivez. Vous éviterez ainsi de semer la discorde en vous et autour de vous. Il est possible d'atteindre ainsi une transparence dérangeante ainsi qu'une clarté d'esprit nettement supérieure de par une nette diminution du névrotisme pathologique : L'émotion est ressentie franchement et sonne toujours juste, étant issue de justes pensées, manifestations de vos efforts conscients et constants pour appréhender le monde le plus justement possible. La constance du regard est intimement reliée au degré de conscience - vivre ici et maintenant est ardu à votre époque mais vous tâcherez d'embrasser chaque instant.
Justesse absolue est justice suprême qui libère en inspirant la vraie gloire et la beauté - des qualités royales et archaïques auxquelles les saints aspirent comme à l'ultime liberté d'être au Monde l'Instrument de l'Ordre et de la Lumière universelle incarné dans la chair humaine. Celui qui aspire à la Sainteté devient cet instrument quand il choisi comme vous d'élargir sa conscience, de suivre un élan vers le soi unifié et universel. Vous ressentirez alors de moins en moins le poids de votre solitude qui n'est que l'issue de l'existence en tant qu'individualité. Cette pratique use rapidement le voile de l'égo qui masque votre véritable Être au Monde.
Ainsi, l'être unifié n'est jamais faux, s'interdisant de tromper les apparences sous les attributions superficielles et clivées propres au sens commun qui guide la norme : la soif de la connaissance du monde et le réalisme esthétique commandant l'intégration des paradoxes en concepts unificateurs approfondiront notre regard. Voilà comment vous penserez et deviendrez paisiblement de plus en plus lumineux et proche de la vérité de votre Être et du Monde qui est son milieu.
L'être unifié n'est jamais médiocre mais cela est difficile à vivre dans votre temps qui célèbre L'esprit de médiocrité en valorisant le conformisme et le matérialisme rampant. La vérité et la réalité spirituelle sont obscurcies et associées au fanatisme et à l'occultisme.
Vous savez instinctivement que la science devra tôt ou tard admettre la magie, c'est à dire l'intelligence omnipuissante reposant au coeur de la matière, l'ordre dans l'apparence chaotique du réel situé au delà de l'empirie scientifique. Le Programme. Le Jeu. Le Code qui guide vos actions qui guident vos pensées qui guident vos actions au coeur du Monde.
Quand vous deviendrez ainsi vecteurs de l'Équation, par votre recherche constante de la conscience de votre vérité, vous constaterez votre énergie vitale qui se transforme et transforme positivement votre corps à travers un contact plus intime avec la réalité. Votre posture s'harmonise, Vous respirez comme une radio qu'on synthonise enfin sur la bonne fréquence. À vous de cultiver cette harmonie hautement inspirante, antidote aux émotions destructrices, un vent de fraîcheur sur votre temps où l'être succombe au mépris de la réalité et de lui-même, prisonnier d'un bourbier de lassitude existencielle. Allez et soyez lumineux!
Voilà donc la deuxième rêgle, somme toute assez complexe et que l'on surnomme pourtant "Loie du brillant cristal". "
Quelques minutes passent.
Tout le petit auditoire de la Maison retient son souffle et tente d'assimiler toutes les implications de ces nouveaux fichiers. La nuit est tombée depuis peu et les lumières de Noël DEL quatre-saisons irradient de leur lueur foraine.
Puis l'activité du soir reprend, les hommes pétrissent du pain au fromage et cuisent un gros jambon au four. Alice va et vient entre deux corvées de buanderie, grande ordinatrice par les pouvoirs du proto. Tous les yeux sont rivés sur elle. Elle vérifie les e-mails et va se coucher, brusquement, heurtant le moelleux nid matriarcal comme un avion qui crashe dans un building.
***********************